Phasage et organisation de la campagne de vaccination, sécurité des vaccins, contre-indications, types de vaccins, gestes barrière… vous pourrez trouver ci-dessous réponses aux principales questions que vous vous posez au sujet de la vaccination anti Covid-19. Les informations sont amenées à être actualisées à mesure que les connaissances et la stratégie de vaccination progressent.

Phasage et organisation de la vaccination

Le programme de vaccination se déroulera en 3 grandes phases :

  • Phase 1A : Vaccination centralisée, groupes à risque hautement prioritaires, en 3 temps :
    • D’abord, les résidents et le personnel des établissements d’hébergement pour personnes âgées
    • Ensuite, les professionnels de soins au sein des hôpitaux, les professionnels de soins œuvrant en 1ère ligne et les institutions collectives de soins (santé mentale, handicap,...)
    • Enfin, les autres membres du personnel des hôpitaux et des services de santé
  • Phase 1B : Vaccination centralisée, élargissement des groupes prioritaires :
    • Les personnes âgées de 65 ans et plus
    • Les personnes de 45-65 ans avec des comorbidités spécifiques
    • Les personnes exerçant des fonctions sociales et/ou économiques essentielles
  • Phase 2 : Élargissement à toute la population adulte (ce qu’on a appelé « les groupes à faible risque »).

En maisons de repos/maisons de repos et de soins, le médecin coordinateur réalisera la vaccination des résidents, éventuellement en collaboration avec les médecins traitants. Le personnel sera quant à lui vacciné par le médecin du travail.

Pour les professionnels de soins dans les hôpitaux, ce sera une procédure proche de celle utilisée pour la vaccination contre la grippe.

Pour la population désignée en phase 1B, il s’agira de centres de vaccination à large échelle ou à une échelle plus locale : les discussions sont en cours à ce sujet, avec la participation active de la Région wallonne.

Les observations scientifiques ont démontré très clairement que le risque d’être gravement malade est surtout lié à l’âge. Comme en outre les études sur les vaccins Pfizer et Moderna ont montré une très bonne efficacité chez les personnes âgées et très âgées, et que la population des personnes âgées de plus de 65 ans en institution est celle le plus à risque, elle est vaccinée en premier lieu. La vaccination du personnel de santé est prévue en Phase 1A également, en fonction de la disponibilité des vaccins.

  • les collectivités d'hébergement pour seniors : au début de la phase 1A. Les résidences-services seront prises en considération en même temps que les autres collectivités.
  • le personnel de maisons d'hébergement pour personnes sans-abri : Phase 1A.
  • les aides à domicile : Phase 1A.
  • les aides-soignants : Phase 1A.
  • les maisons d'accueil pour adultes en difficultés: Phase 1A.

Le vaccin 1 dose est plus simple à gérer. Il sera utilisé largement comme les autres vaccins mais sera privilégié pour les publics fragilisés, les personnes dans des conditions de vie complexes. La date de disponibilité de ce vaccin (Janssen) n’est pas encore connue.

Ce point devra être défini par les autorités, dans le cadre de la phase 1b, pour les fonctions sociales ou économiques. Si l’enseignant fait partie des personnes à risque entre 45 et 65 ans, il sera d’office pris en compte dans la phase 1b.

Il est possible que pour ces personnes, d’autres vaccins que celui de Pfizer ou Moderna seront disponibles au moment où leur vaccination sera opérationnalisée. Des conditions plus légères seront alors d’application. Quoi qu’il en soit, les procédures seront adaptées afin de respecter toutes les règles de sécurité pour chacun.

Non, les hôpitaux sont sollicités pour stocker les vaccins nécessitant des conditions strictes de chaine du froid, et ils participeront activement à la vaccination du personnel de soins. Pour le reste de la population, les procédures seront précisées, mais seront principalement hors de l’hôpital. il importe de souligner que la volonté est bien de permettre à chacun de se voir proposer la vaccination dans les meilleures conditions d’accessibilité et de sécurité, y compris par l’intermédiaire d’équipes mobiles pour les personnes non valides qui ne se déplacent pas.

Les populations précaires sont également visées par le processus de vaccination. L’avantage d’un vaccin en une dose serait important en termes d’organisation et de logistique pour la vaccination de ces populations.

Si ces personnes font partie d’une institution collective de soins, elles seront prioritaires (phase 1A). Néanmoins, cette question fait actuellement l’objet d’un avis du Conseil Supérieur de la Santé.

Communication

Les campagnes de communication ont débuté en décembre par l’organisation de webinaires et la mise à disposition des premiers supports de communication aux maisons de repos/maisons de repos et de soins (affiche, dépliant). Organisés en visioconférence, les webinaires permettent à différents professionnels mais aussi aux résidents d’échanger avec les experts dans le cadre d’une communication qui se veut claire, honnête, accessible et transparente.

La qualité de l’information et de la communication sont indispensables pour soutenir l’adhésion des résidents, des familles et du personnel à la vaccination, de surcroit dans un contexte où de nombreuses informations circulent, parfois erronées.

Tout au long des semaines à venir, la communication va s’intensifier à destination des différents publics concernés par la vaccination.

Nous veillons à la qualité de la communication et de tout support, en recourant aux spécialistes reconnus et aux informations validées scientifiquement.

Des groupes de travail, tant au niveau interfédéral qu’au niveau de la Wallonie, veillent à assurer une stratégie de communication efficace qui diffuse les informations disponibles en toute transparence, maintient leur accessibilité et les actualise tout en veillant à cibler au mieux les personnes concernées au bon moment, en fonction du phasage de la vaccination.

Il importe de combiner efficacement l’information (procédures, consignes, règles et dispositions, etc.) et la communication (FAQ, sites web, réseaux sociaux, webinaires, etc.), considérant que les deux forment un cercle vertueux.

En Wallonie, l’AVIQ assure vers les professionnels le relais des informations concernant leur pratique.

La communication est quant à elle envisagée tant en termes d’événements (webinaires, principalement) que de publications (flyers, affiches, supports visant à soutenir le dialogue entre le patient et le soignant) et plus largement de production de contenus (site web, réseaux sociaux, etc.).

La qualité de l’information et de la communication sont déterminantes en termes d’adhésion, de surcroit dans un contexte de vaccination volontaire.

Dans tous les cas, il est conseillé de privilégier une prise d’information au départ des sites officiels:

Dès qu’un vaccin est enregistré au niveau européen, la commission publie en toute transparence tout le dossier clinique du vaccin, permettant à toute personne qui le souhaite d’accéder à l’ensemble de l’information scientifique disponible.

Vous trouverez les précisions utiles sur le site de l’AFMPS et de l’EMA.

Vous trouverez par ailleurs des informations sur les vaccins en développement sur le site web de l’OMS.

La liste des essais cliniques approuvés pour les vaccins et des médicaments contre la COVID-19 en Belgique est consultable sur le site de la banque de données des essais cliniques.

Vu la gravité de la pandémie, le monde scientifique s’est mobilisé et a partagé très vite des informations très précises sur le virus lui-même. Ensuite les firmes, des fondations et les pouvoirs publics ont financé chaque étape pour qu’il n’y ait aucun frein financier. Tous les aspects administratifs ont été menés en même temps que les études cliniques pour gagner du temps. Dans le cadre des études cliniques réalisées en lien avec le Covid-19, qui ont démarré en avril 2020, de nombreux moyens, financiers et de collaboration ont été mobilisés.

Cependant, toutes les étapes destinées à mesurer l’efficacité et la sécurité des vaccins ont été strictement maintenues et même, augmentées. Par exemple, pour les vaccins de Pfizer et Moderna, le nombre de personnes impliquées dans ces études cliniques a été bien plus important que pour les vaccins habituels, ce qui nous permet de disposer d’informations sur les effets indésirables très détaillés.

Pour plus d’informations, nous vous renvoyons aux webinaires publiés sur le portail ou directement ici.

Nature volume 586, pages516–527(2020)

Nature volume 586, pages516–527(2020)

Le vaccin sera un moteur essentiel pour le retour à une vie normale. Mais, effectivement, dans un premier temps il restera fondamental d’observer les gestes barrière et de respecter toutes les précautions utiles puisque la très grande majorité de la population ne pourra pas être vaccinée en même temps. Les situations évolueront au fur et à mesure de l’avancée dans le processus de vaccination et nous en communiquerons les éléments de façon transparente. Le retour à la normale sera progressif et prudent.

Le vaccin, un acte volontaire et gratuit

A mesure que nous progressons dans la stratégie de vaccination, de nombreux professionnels de la santé déclarent leur intention de vaccination. L’important travail mené en termes d’information et de sensibilisation vise à permettre à chacun de poser un choix éclairé.

D’une part, la vaccination est un acte volontaire. Il n’existe pas d’obligation professionnelle. Actuellement, aucune disposition contractuelle n’impose la vaccination dans le secteur des soins, mais il est vivement recommandé en particulier pour le personnel confronté aux patients COVID-19.

D’autre part, le sujet de la vaccination et son importance en termes de santé publique doivent pouvoir être abordés en toute honnêteté et transparence afin d’apporter à chacun les réponses aux questions qu’il se pose. Au fil de la campagne, en fonction des progrès de celle-ci, des outils d’information et communication seront mis à disposition des professionnels et de la population de manière générale. La qualité de l’information est en effet fondamentale pour susciter la confiance et l’adhésion. Le sujet peut aussi être abordé dans le cadre de la relation de confiance fondée entre le patient et son médecin, ce dernier disposant des données médicales propres à son patient.

Le vaccin doit être réalisé avec le consentement de la personne, les institutions ne peuvent « forcer à la vaccination » et les acteurs concernés sont clairement informés en ce sens.

Le vaccin est pris en charge par les autorités publiques ; la personne vaccinée ne doit rien débourser.

Vaccination et positivité

Non, l’immunité n’est pas garantie par la présence (ou non) d’anticorps et les études cliniques ont bien montré que la vaccination est aussi sûre et aussi efficace chez les personnes avec anticorps que chez celles sans anticorps.

Un patient ayant fait la COVID peut effectivement être vacciné.

L’immunité n’est pas garantie par la présence (ou non) d’anticorps, que la personne ait été ou non symptomatique, et les études cliniques ont bien montré que la vaccination est aussi sûre et aussi efficace chez les personnes avec anticorps que chez celles sans anticorps.

Par ailleurs, les vaccins qui le nécessitent seront administrés en deux doses, que le patient ait été préalablement ou non positif à la Covid-19.

Les essais cliniques comportaient à la fois des patients séronégatifs et séropositifs, et l’efficacité a été démontrée dans les deux groupes. La vaccination COVID cible tout le monde. Par ailleurs, il n’y a pas de risque de vacciner une personne qui a déjà développé la COVID.

La priorité vaccinale n’a pas été établie en fonction de la séropositivité ou non des personnes, et les études cliniques ont bien montré que la vaccination est aussi sûre et aussi efficace chez les personnes avec anticorps que chez celles sans anticorps. D’ailleurs, la présence d’anticorps ne garantit pas l’immunité, nous ne disposons pas actuellement de suffisamment de données concernant l’immunité post-infection au Sars-cov 2. Il semblerait que la majorité des personnes conservent une immunité pendant plusieurs semaines mais d’autres retombent malades ; ceci doit être suivi sur le long terme.

Les premiers mois de vaccination sont donc consacrés aux maisons de repos, aux professionnels des hôpitaux en contact avec la COVID-19 et aux professionnels de la première ligne.

Le vaccin et les gestes barrières

La vaccination ne va pas nous permettre de retrouver d’un seul coup nos libertés et nos habitudes. Se protéger en respectant les gestes barrière ainsi que toutes les précautions utiles (l’aération des locaux, par exemple) restera indispensable un certain moment pour plusieurs raisons :

  • le vaccin ne protège pas immédiatement après son administration ;
  • l’ensemble de la population ne sera pas de suite vaccinée ;
  • la durée de protection n’est pas encore scientifiquement établie ;
  • si la personne vaccinée est mieux protégée, on ne sait pas encore bien dans quelle mesure elle peut encore transmettre le virus à d’autres qui seraient sans protection.

La contagiosité d’une personne vaccinée est en cours d’étude.

L'efficacité des vaccins et l'immunité collective

Les études cliniques Moderna et Pfizer ont bien étudié le vaccin chez les personnes âgées et dans plusieurs groupes de maladies chroniques et montrent une efficacité comparable. Par ailleurs, de manière générale, les effets indésirables rencontrés chez les personnes de plus de 55 ans sont de même nature que chez ceux de moins de 55 ans. On constate par ailleurs une tendance à un nombre plus limité de ces effets indésirables chez les plus de 55 ans.

A ce jour, on connait l’efficacité du vaccin pour la durée des études cliniques, soit un recul de 120 à 140 jours d’efficacité. On estime aujourd’hui probable que le vaccin sera efficace pour un à trois ans et cette efficacité sera mesurée tout au long de la vaccination. L’avenir nous dira si une revaccination sera nécessaire.

L'objectif au niveau de la population est d'obtenir une couverture vaccinale qui permet d'obtenir une immunité chez 70% de la population pour une immunité de masse. A titre individuel, il n'y a pas de valeur établie qui permet de garantir l'interruption de la transmission.

La durée de la campagne de vaccination n’est pas le critère important pour l’immunité collective. C’est le pourcentage de personnes vaccinées qui compte. Mais en effet, plus vite on vaccine, plus vite on atteindra le seuil d’immunité collective, qui est estimé aujourd’hui à 70% de la population.

On ne peut pas affirmer aujourd’hui qu’une personne qui a été en contact avec la COVID soit immunisée. Il est donc préférable de vacciner tous les résidents de la structure.

Pour atteindre une immunité collective sans vaccin, il faudrait se résoudre à ce qu’au moins 70 000 à 80 000 belges développent des formes graves de la COVID 19 et décèdent dans des délais courts. Outre que c’est un nombre de morts inacceptable, ceci entraînerait une saturation du système hospitalier et un nombre énorme de convalescents avec des séquelles de la maladie. C’est la catastrophe sanitaire que nous voulons tous éviter. La vaccination est donc à privilégier pour atteindre une immunité collective rapide, en évitant ce scénario-catastrophe.

Les types de vaccin

Ce sont deux mêmes types de vaccins, à savoir des vaccins à ARN messager. Voici leurs principales caractéristiques:

Spécificités du vaccin Pfizer

Spécificités du vaccin Moderna

Conservé à -75 ° C pendant 6 mois, réfrigérateur standard (2-8 ° C) pendant 5 jours

Conservé à -20 ° C pendant 6 mois, réfrigérateur standard (2-8 ° C) pendant 30 jours

Les doses sont administrées à 21 jours d'intervalle

Les doses sont administrées à 28 jours d'intervalle

La combinaison lipidique est unique

La combinaison lipidique est unique

Utilisation d'un tampon phosphate


Utilisation d'un tampon tris-acétate

Dilué dans une solution saline avant la vaccination

 

Pas de dilution avant la vaccination

Autorisé pour les patients de + de 16 ans

Autorisé pour les patients de + de 18 ans

 

Tous deux :

  • utilisent l'ARN messager comme modèle pour la glycoprotéine Spike (S) du SARS-CoV 2
  • ont un schéma en 2 doses et sont administrés en intramusculaire
  • utilisent une combinaison de 4 lipides comme particule de transport
  • utilisent le saccharose comme cryoprotecteur et stabilisateur
  • sont sûrs et ont une efficacité supérieure à 94%

Vous trouverez des précisions complémentaires sur le site de l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé.

Nous n’avons pas « choisi » les vaccins à mRNA. Certains sont basés sur cette technique, d’autres pas. Le fait est que la technique du RNA messager est particulièrement efficace pour développer de nouveaux vaccins et c’est très probablement pour cela qu’ils sont les arrivés les premiers sur le marché. Leur développement est rapide parce que le vaccin à ARN messager ne nécessite pas de matériel biologique et peut donc être produit en plus grande quantité sur un délai court. Les firmes sélectionnées ont montré une grande expertise dans ce type de vaccin, ainsi qu’une capacité de production importante.

L'ARNm, un morceau de matériel génétique du virus, est très instable, il se désintègre rapidement en particules plus petites puis est nettoyé par notre corps. Cela explique pourquoi ces vaccins nécessitent de telles exigences de conservation par le froid et qu’il a fallu si longtemps pour que de bons vaccins à ARNm arrivent sur le marché.

De nos jours, ce problème est résolu en emballant l'ARNm dans de minuscules globules faits de matière grasse, qui protègent l'ARNm pour qu’il ne se désagrège pas immédiatement. Ces globules sont très importants pour le bon fonctionnement d'un vaccin à ARNm, et ne sont pas porteurs de grands inconvénients. Ils sont très sensibles à la température, tout comme l'ARNm lui-même. Par conséquent, les vaccins Pfizer et Moderna en particulier doivent être conservés très froid.

L’ARN messager est lui-même très peu stable et reste peu de temps dans la cellule, raison pour laquelle le vaccin est conservé à -75 degrés.

Oui, on en est sûr. Un vaccin à ARNm ne modifie pas l’ADN, mais introduit dans l’organisme un messager temporaire qui n’atteindra pas le noyau de nos cellules et ne sera pas en interaction avec notre ADN. Il va apporter à l’usine de fabrication de la cellule le même code génétique (ARNm) que le virus et, une fois les antigènes produits, sera détruit par la cellule. Ce sont les antigènes produits qui à leur tour, vont activer le système immunitaire qui va produire des anticorps contre le virus. Ainsi le corps sera prêt à réagir rapidement lorsqu’il entre réellement en contact avec le virus.

La variante avec le code génétique contenue dans le vaccin ne peut pas fusionner avec le génome de l’hôte, votre ADN. Il est en fait converti dans une cellule de votre corps en une protéine : les protéines Spike. Les morceaux de cette protéine deviennent visibles pour les cellules immunitaires de votre corps, qui produisent alors des anticorps qui vont reconnaître le virus. Finalement, le vaccin est à nouveau décomposé naturellement par votre corps. Cela ne modifie donc rien à votre ADN (source https://www.info-coronavirus.be/fr/vaccination).

Ce sont des scientifiques qui ont conseillé les achats de vaccins, en considérant qu’il fallait miser sur plusieurs sources de vaccins. Les différents vaccins n’ont pas été comparés les uns aux autres, le taux d’efficacité étant dépendant de plusieurs paramètres.

Les agences européennes et mondiales analysent les vaccins indépendamment les uns des autres, ils ne sont pas comparés au sein d’une même étude, mais chacun par rapport à un placebo. Les populations testées sont donc fort différentes pour chaque vaccin, les groupes à risques sont plus ou moins représentés, les conditions sont différentes, etc.

Le vaccin est donc soit moins immunogène, soit l’efficacité de celui-ci n’a pas été mesurée de la même façon. Cependant, un vaccin peut être plus ou moins efficace selon la tranche d’âge sélectionnée. Il sera donc intéressant d’analyser dans le futur l’efficacité réelle de chaque vaccin pour chaque catégorie d’âge. Ce taux d’efficacité sera mesuré réellement et les études cliniques se poursuivront pendant une à deux années.

Le fait d’être vacciné est beaucoup plus important que le taux d’efficacité de l’un ou de l’autre vaccin, parce qu’il participe à l’immunité collective. Tous ceux qui sont mis sur le marché ont été validés en termes d’efficacité et de sécurité.

Par ailleurs, certains vaccins n’ont pas été achetés, n’étant ni enregistrés au niveau européen ni au niveau belge. C’est le cas des vaccins russe et chinois.

Il n’est pas prévu que le patient choisisse son vaccin dans cette première phase de vaccination massive vu l’objectif de nous protéger tous le plus vite possible de la pandémie ; la pandémie passée, il appartiendra ensuite, comme pour les autres vaccins, au prescripteur de définir avec chacun de ses patients, le cas échéant, selon la situation de son patient, de recourir à tel ou tel vaccin.

Les médecins traitants qui sont et restent les conseillers de leur patient, sur la base des données scientifiques validées disponibles.

La sécurité des vaccins

La sécurité des vaccins est une des conditions à l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’un vaccin. Un avis favorable pour l'AMM n'est donné que lorsqu'il existe des preuves suffisantes concernant la sécurité du vaccin. Les vaccins contre la COVID-19 doivent répondre aux mêmes exigences strictes que tous les autres vaccins. Les experts de l'EMA (Agence européenne des médicaments) et de l’AFMPS examinent de près toutes les données relatives aux vaccins contre la COVID-19.

Après la vaccination, les particules du vaccin qui contiennent l'ARNm sont rapidement absorbées par les cellules du corps. L'ARNm ne peut pas atteindre le noyau de nos cellules, où se trouve notre ADN. Notre propre ADN n'est donc pas modifié ou endommagé. L'ARNm est relativement rapidement décomposé par notre corps.

Comme pour tous les nouveaux médicaments, les autorités compétentes et les entreprises pharmaceutiques surveilleront étroitement ces vaccins après leur mise sur le marché (source https://www.info-coronavirus.be/fr/vaccination).

Le vaccin pour lequel nous disposons du plus d’informations actuellement, est le vaccin de la firme Pfizer. Celui-ci comporte un mRNA et des lipoprotéines naturelles mais ne comporte aucun conservateur (ce qui explique entre autres qu’il doit être conservé à -70 degrés), ni aucun adjuvant.

Indications et contre-indications

Dans la phase 3 des études cliniques, les résultats de plusieurs patients atteints de maladies chroniques (diabète, maladie pulmonaire, etc.) ont été analysés et ont montré des résultats favorables Toutes les maladies chroniques ne sont pas représentées dans les essais cliniques. C’est pourquoi une analyse individuelle des avantages et des risques doit toujours être effectuée pour chaque patient (source https://www.info-coronavirus.be/fr/vaccination).

Les études effectuées chez l’animal n’ont pas mis en évidence d’effets délétères directs ou indirects sur la reproduction. Néanmoins, il est recommandé de ne pas administrer de vaccin aux femmes enceintes et allaitantes, celles-ci n’étant pas incluses dans les essais cliniques.

L’autorisation européenne reprise par la Belgique est d’ailleurs conditionnée au fait de ne pas leur administrer le vaccin, dans l’attente de tests supplémentaires. Pour ce qui concerne les femmes qui souhaitent être enceintes, on recommande d’attendre deux mois entre la vaccination et la mise en route d’une grossesse.

Il n'y a pas d’argument aujourd’hui pour penser que le vaccin de Pfizer puisse affecter la fertilité et la santé des enfants ou rendre les femmes stériles.

Vu la vaccination de masse dans le monde, on s’attend à avoir rapidement des observations sur la sécurité du vaccin en cours de grossesse. En attendant les résultats, par mesure de précaution, les femmes enceintes ne seront pas vaccinées. Il est déconseillé de se faire administrer la première dose du vaccin s’il y a un désir de grossesse dans les prochains mois. Il est par ailleurs conseillé à toute personne souhaitant devenir enceinte d'attendre au moins deux mois après la deuxième injection pour mettre en route sa grossesse.

La vaccination anti COVID-19 est envisagée à partir de 16 ans, conformément aux études cliniques réalisées pour l’enregistrement des vaccins.

De manière générale, les enfants de moins de 18 ans sont moins atteints par la maladie. Par ailleurs, tant que les études cliniques ne seront pas complétées pour les moins de 16 ans, il ne sera pas recommandé de recourir à un vaccin.

Le vaccin est effectivement compatible avec la vaccination contre la grippe saisonnière. Être contaminé par la grippe et par le Covid-19 reviendrait à affaiblir doublement les personnes les plus fragiles ; il reste donc important pour les groupes à risque de faire les vaccins nécessaires, en les espaçant simplement de deux semaines.

Les effets secondaires

Comme tous les vaccins, certains effets indésirables peuvent apparaître.

Les effets secondaires courants sont ceux d’une vaccination classique. Localement : douleur à l’injection, érythème (rougeur), gonflement. Au niveau général : fièvre, maux de tête, myalgies. Il est aussi possible d’avoir une réaction allergique (éruption cutanée, problèmes respiratoires, etc.) parce que vous êtes allergique à l'un des ingrédients du vaccin, comme c’est le cas avec d’autres vaccins. C’est ce que l’on appelle le risque d’effet indésirable sévère et il représente moins de 0.5% de la population des études cliniques. Par mesure de précaution, les personnes ayant des antécédents d'allergies sévères ne seront pas vaccinées avec le vaccin Pfizer.

On constate davantage de réactions après la deuxième dose, un risque de réactions moins élevé chez les plus de 55 ans et la plupart des effets secondaires étaient légers à modérés et résolus rapidement.

Des cas d’anaphylaxie ont été rapportés. Ils sont néanmoins très rares (moins d'un cas/100000). Il convient de toujours disposer d’un traitement médical approprié et de surveiller le sujet vacciné en cas de survenue d’une réaction anaphylactique suite à l’administration du vaccin. Il est recommandé de surveiller attentivement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination. La seconde dose du vaccin ne doit pas être administrée chez les personnes ayant présenté une réaction anaphylactique après la première dose de Comirnaty.

Depuis le 7 janvier, l'AFMPS publie chaque semaine un aperçu des effets indésirables signalés suite à l'administration d'un vaccin contre la COVID-19 en Belgique.

Plus d’informations

Maisons de repos / Maison de repos et de soins

Les gestes barrières et mesures de précaution doivent être maintenues après la vaccination pour le moment. Nous ne disposons pas encore d’assez de recul et cette phase de précaution est nécessaire mais nous espérons très vite avoir de nouvelles données sur ce qu’on peut faire. La communication à ce sujet se fera progressivement en fonction de l’évolution du processus de vaccination.

Institutions pour personnes en situation de handicap

Deux arguments ont présidé à la décision, sur la base de l’avis du Conseil supérieur de la santé : d’une part les études cliniques ont montré que le vaccin a une très bonne protection chez les personnes âgées, avec moins d’effets secondaires que dans la population générale et d’autre part, plus on est âgé, plus le risque de faire une forme grave de la COVID-19 est important. Les travailleurs et les résidents des établissements pour personnes en situation de handicap seront vaccinés cependant très rapidement et toujours dans le cadre de la phase 1a.

Vu l’urgence, la priorité est donnée aux maisons de repos mais les autres institutions suivront. L’objectif est d’amener la vaccination dans les institutions et non de demander à ces personnes de se déplacer.

Le timing est déterminé par la disponibilité des vaccins. En outre, les vaccins n’ayant à ce jour pas été testés sur des individus de moins de 16 ans, ils ne sont pas administrés à ce public. Pfizer effectue une étude complémentaire pour cette population, conformément à la demande de l’EMA (European Médicines Agency).

Les SRNA et leur personnel seront vaccinés en phase 1a, rapidement après les maisons de repos.

Nous distinguons les structures d’hébergement, visées par la phase 1a, et les structures ambulatoires, qui sont traitées dans une temporalité qui reste à préciser selon que leurs professionnels relèvent ou non de la première ligne.

Le professionnel se réfère à la loi sur les droits du patient, qui explique clairement qui peut représenter le patient, notamment dans ce cas de figure.

Pour plus d’informations

La mutation du virus

A ce stade, rien n’indique le contraire. Les premières données pour évaluer l'efficacité de la vaccination contre la nouvelle souche anglaise sont rassurantes, le vaccin étant semble-t-il d’efficacité identique. Ces études consistent à tester le sérum contenant des anticorps neutralisants provenant d'individus vaccinés avec le vaccin Pfizer / BioNTech est utilisé pour évaluer l'efficacité contre les nouvelles souches.

Vaccination et voyages

Le 30 décembre dernier, le gouvernement fédéral et les entités fédérées ont durci les règles concernant les voyages, afin de contrer la propagation de la nouvelle variante de la Covid-19. Les dispositions portent à ce stade sur la quarantaine et le testing, et non sur la vaccination.

Les informations actualisées sont consultables sur www.info-coronavirus.be