Cette période de crise impacte non seulement la santé physique, mais aussi le bien-être psychosocial de la population.

Chacun de nous réagit de façon singulière aux événements qui se présentent. La confrontation à une situation qui nous est imposée et nous dépasse peut générer des réactions de stress, parfois sévères, susceptibles de se manifester tant au niveau émotionnel que comportemental ou somatique. Si la plupart des personnes se montrent résilientes et (re)trouvent leur équilibre dans un délai prévisible, certaines présentent des troubles tels que de l’angoisse, des symptômes physiques inexpliqués, des difficultés de sommeil, … qui entravent leur fonctionnement habituel de façon plus persistante.

Plusieurs autorités de santé (OMS, HAS) recommandent d’éviter une prescription trop rapide de somnifères, d’antidépresseurs et d’anxiolytiques et de s’orienter en première intention vers les services spécialisés.

Dans cette rubrique, vous trouverez les principaux signes d’alerte auxquels il convient de prêter attention ainsi que les services spécialisés vers lesquels vous pouvez orienter les patients présentant ces signes d’alerte.
Gardez à l’esprit que ces signes d’alerte sont à appréhender dans le contexte de la crise COVID-19 et qu’ils peuvent se manifester à long terme.

Signes d’alerte

  • Troubles du sommeil
  • Symptômes physiques inexpliqués (ex : douleurs corporelles, maux d'estomac)
  • Céphalées
  • Tristesse, anxiété, difficulté à mettre des mots sur ce que l’on ressent
  • Usage abusif de substances psychoactives
  • Sensation de fatigue
  • État pseudo-fébrile
  • Difficultés de concentration, troubles de la mémoire
  • Comportements d’évitement de lieux potentiellement contaminants (ex. peur de se rendre à l’hôpital)

Services spécialisés en Région wallonne

  • Les services de santé mentale : les patients peuvent trouver le service de santé mentale le plus proche de chez eux via cette carte ou sur http://www.cresam.be/adresses-2/
  • Les psychologues conventionnés : http://bit.ly/trouverunPPL
  • En cas d’idées suicidaires, vous pouvez orienter les patients vers le Centre de Prévention du Suicide et d’Accompagnement Un Pass dans l’Impasse : 081/777.150
  • En cas de difficulté liée au travail, les patients peuvent se renseigner auprès de leur employeur afin d’entrer en contact avec le service de prévention au travail de leur structure
  • Pour les travailleurs indépendants, une ligne d’écoute spécifique est accessible gratuitement du lundi au vendredi de 8h30 à 17h : 0800/300.25
  • En cas de consommation problématique de substances psychoactives légales et illégales, vous pouvez orienter vos patients vers les services et réseaux d’aide en assuétudes
  • Nées de la réforme des soins de santé mentale « psy 107 », les équipes mobiles des réseaux de santé mentale accompagnent gratuitement à leur domicile les personnes souffrant d’un trouble psychique en situation aigüe ou subaigüe (dépression, burn-out, …) et celles qui présentent des difficultés psychiatriques chroniques. Pour bénéficier de l’intervention des équipes mobiles, les patients peuvent s’adresser à leur médecin traitant ou directement à l’équipe mobile de leur réseau géographique
  • Les plates-formes de soins palliatifs accompagnent les patients, leurs proches et les professionnels dans le cadre de la fin de vie et durant le processus de deuil : voici leurs coordonnées

Offre fédérale de remboursement des soins psychologiques de première ligne

Depuis le 1er janvier 2019, les médecins ont la possibilité d’orienter les patients présentant certains troubles psychiques modérément sévères (ex. humeur dépressive, anxiété-stress, …) vers un psychologue/orthopédagogue clinicien conventionné pour un traitement psychologique de première ligne de courte durée. L’assurance soins de santé rembourse en grande partie ce traitement. Pour ce faire, les médecins doivent compléter une prescription de renvoi.
8 séances au maximum sont remboursables par patient et par année civile. Le patient a besoin d’une nouvelle prescription de renvoi après une série de 4 séances maximum. Seuls les psychologues et orthopédagogues conventionnés peuvent effectuer les séances remboursables.

Plus d’infos sur le site de l’INAMI

Soutien psychosocial aux publics précarisés 

Dans le cadre de la crise COVID-19, le gouvernement fédéral a débloqué un budget permettant aux CPAS d’octroyer des aides sociales aux publics précarisés. Ces aides s’adressent non seulement aux bénéficiaires du droit à l’intégration, mais aussi à toute personne subissant les répercussions de la crise et reconnue par le CPAS comme étant en état de besoin après une analyse individuelle (ex. travailleurs confrontés à une perte de revenus ou à des dépenses supplémentaires, indépendants, artistes, …).  

Parmi les aides possibles, on retrouve : 

  • Une aide psychosociale : prise en charge des coûts liés à un accompagnement psychologique par un professionnel agréé pour le traitement de l’anxiété et des troubles psychiatriques. 
  • Une aide à l’accessibilité numérique : octroi d’un tarif préférentiel d’accès à Internet, aide à l’achat d’outils numériques. Cette aide pourrait permettre :
    • aux patients qui bénéficient de soins en santé mentale, d’éviter une interruption des soins pendant les périodes de restriction des contacts physiques ;
    • aux « nouveaux » patients ayant besoin d’un accompagnement psychologique, d’éviter une éventuelle entrée retardée dans le processus de soins pour cause de fracture numérique. 

En tant que professionnel de l’aide et du soin, vous pouvez encourager les patients précarisés à contacter le CPAS de leur commune pour bénéficier de ces aides : http://bit.ly/581CPAS

 

Références